Ce projet de loi est le moyen pour notre gouvernement de ratifier discrètement et sans débat le protocole de Nagoya, qui encadre en réalité a minima la biopiraterie, c’est a dire l’utilisation d’une ressource génétique ou d’un savoir traditionnel associé à cette ressource sans le consentement de l’État, de la communauté ou du peuple autochtone. 80 % de la biodiversité française se trouve aujourd’hui concentrée en Outre-mer, où les populations autochtones peinent à obtenir une reconnaissance de l’Etat. La France n’hésite pourtant pas, à travers ce Protocole, à demander à ces populations d’utiliser à des fins commerciales des savoir-faire traditionnels qu’elles développent depuis plusieurs générations et qui demeurent novateurs dans le domaine médical et, de plus en plus, dans le domaine cosmétique.

L’article 4 quarter, vidé de sa substance par le Sénat au grand désespoir de nos jardiniers amateurs, et de nos associations de protection de la biodiversité, est également la marque d’une hypocrisie sans nom : il met clairement en danger ces associations en leur interdisant la vente de semences assurant pourtant leur principal revenu, que dire alors de cet article dans un projet de loi qui est censé les protéger ?

Moi qui suis attaché plus que tout à ma terre, celle où j’ai grandi et vu grandir mes enfants, j’ai été scandalisé et profondément attristé de constater la fierté éprouvée par la France en annonçant il y a deux jours que Paris était une place majeure dans le domaine de la finance verte en s’efforçant d’assurer une transition écologique, motivée uniquement par des raisons économiques. Regardons le scandale financier, politique et juridique autour du marché carbone, cela laisse songeur à propos de la biodiversité.

Jean Lassalle, 22 juin 2016

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